Agroécologie et multifonctionnalité des forêts : FNE rencontre le Ministre et l’incite à passer des paroles aux actes

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Une délégation d’une vingtaine de représentants de France Nature Environnement (FNE) a rencontré mardi 18 février le ministre de l’Agriculture pour un face à face sur l’agroécologie et la multifonctionnalité des forêts. Si tous s’accordent sur les concepts, les actes, souvent, ne sont pas au rendez-vous. Or il y a urgence.

Agriculture et forêt : l’urgence à agir

A quelques jours du Salon de l’agriculture, l’actualité démontre plus que jamais qu’il est urgent de changer de modèle agricole : les pratiques agricoles aggravent les phénomènes d’inondations et leurs impacts ; l’Union européenne s’apprête à condamner la France en raison des pollutions par les nitrates ; l’impact sanitaire des pesticides est de plus en plus décrié par les scientifiques. Si Stéphane Le Foll prône l’agroécologie et la multifonctionnalité des forêts dans ses discours, les actes, souvent, ne sont pas au rendez-vous.

 

Agroécologie : deux actions phares à conduire d’urgence

Jean-Claude Bévillard, responsable des politiques agricoles à FNE, explique : « Dans les grandes lignes, nous sommes d’accord avec la définition de l’agroécologie portée par le Ministre. L’agroécologie doit produire plus et mieux avec moins d’intrants, c’est-à-dire moins d’engrais, de pesticides, de carburants, d’irrigation... Elle doit aussi utiliser la nature comme alliée et non comme ennemie de la production. »

Mais au-delà du concept les décisions ne suivent pas, qu’il s’agisse du verdissement de la Politique agricole commune (PAC) ou du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt qui ne concrétise pas l’intention politique exprimée pour une agroécologie. 

 

Pour témoigner de la réalité de l’engagement de l’Etat pour l’agroécologie, FNE met en avant deux priorités :

  • Interdire les pesticides de synthèse dans les zones les plus sensibles des aires d’alimentation de captages d’eau potable. 

  • Protéger les haies, bosquets et zones humides sur les exploitations agricoles pour lutter contre les inondations et pour protéger la biodiversité.

Multifonctionnalité des forêts : passer de l’incantation à l’action pour profiter de tous les avantages des forets

Pour Hervé Le Bouler, responsable des politiques forestières à FNE : « Le danger serait pour nous que les propriétaires et gestionnaires, soucieux de l’intérêt général, se voient enjoints, au nom du redressement productif, de fournir toujours plus de bois à un prix qui ne permette pas d’assurer une gestion réellement multifonctionnelle, plaçant la biodiversité au coeur de la sylviculture. Gérer durablement la forêt, c’est bien, le prouver, c’est mieux… ».

 

Pour y parvenir, FNE est convaincue de la nécessité d’intégrer des objectifs de préservation de la biodiversité dans les orientations politiques et les documents de gestion forestière.

 

Nous demandons également au Ministre de garantir que la valorisation économique du bois s’appuie sur la disponibilité réelle de la ressource au niveau des territoires, afin de ne pas remettre en cause le fonctionnement de l’écosystème forestier ni risquer de provoquer des déséquilibres entre les acteurs de la filière.

 

Bruno Genty, président de FNE, conclut : « Les activités agricoles et forestières répondent à des besoins majeurs de la société (alimentation, production de bois, cadre de vie, etc.). Elles utilisent et impactent les ressources naturelles, la biodiversité, qui sont un bien commun. Il est hors de question que les politiques agricoles et forestières soient confisquées par des syndicats agricoles et forestiers qui défendent des intérêts particuliers. La société civile doit être pleinement associée à toutes les décisions concernant ces deux secteurs. L’agroécologie et la multifonctionnalité des forets seront aussi histoire de démocratie. »

 

Contact presse : Gérard GROUBATCH 06 60 83 76 65

 

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